L’édito

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2009-2017 ©  Jean.Vogel


EDITO mai 2017


Le mois de mai est depuis toujours le mois de l'espérance, celui des belles floraisons annonciatrices de bonnes récoltes … avant que gibier, drosophiles, gelées tardives, grêle, sécheresse ou excès d'eau viennent doucher tous les espoirs. Alors depuis longtemps, on profite du mois de mai pour ce qu'il est, le mois de la beauté, de cette nature qui reprend vie après six mois d'hibernation.

Mon dernier édito date de 2014... année horibilis s'il en est avec tempête, dégâts de sangliers et de blaireaux, météo catastrophique et découverte d'un nouveau fléau : la drosophile suzuki. Nous pensions alors avoir tout vu et tout vécu. A tord, 2016 fut encore pire. Les six mois de pluie en continu de janvier à fin juin (la pluviométrie du semestre égala celui celui d'une moyenne annuelle) eut un effet dévastateur sur la floraison. Au lieu d'une production de 2 à 3 tonnes, synonyme de rendement moyen, il me fut impossible de mettre sur le marché plus de 700kgs de fruits, moins que lors de ma première année d'installation en 1994.

Seul véritable rayon de soleil, j'avais obtenu au Concours Général Agricole une médaille de bronze pour ma gelée de pomme de Noël. Faute de fruits frais, j'espérais au moins me rattraper quelque peu en fin d'année sur le marché de Strasbourg. Une gelée, médaille de bronze, préparée à partir du fruit emblématique du Noël alsacien, devait 'cartonner'. C'était faire fi de l'horrible attentat terroriste de Nice. Notre petit marché fut déplacé hors du circuit touristique et le carton devint 'bouillon'.

Ceci dit, en 2016 des dizaines de milliers de paysans étaient plus à plaindre que moi. Je n'avais pas de dette et la famille pouvait compter sur un revenu salarié.

Un de mes amis, qui avait connu des galères bien pires que les miennes, commentait avec un zeste de philosophie bien à lui sa vie d'entrepreneur « Heureusement qu'on a pas réussi tout de suite. Qu'est-ce qu'on serait devenu con. »

Je n'étais pas loin de le partager. Je carburais aux projets que j’échafaudais tout au long de l'année et que je m'étais en pratique chaque printemps... avec plus ou moins de réussite. Les étés secs se multipliaient. Qu'à cela ne tienne, je plantais des variétés résistantes à la sécheresse dont la production fut nulle l'an passé.

Je crois fermement qu'il n'existe plus en France et dans le monde, un seul paysan qui puisse nier le changement, plutôt le dérèglement climatique en cours. Le seul moyen de s'en sortir est d'une part de limiter les charges, de favoriser les circuits courts et de se diversifier à l’extrême en multipliant les espèces, les variétés et les produits transformés. Il est simple de l'affirmer, beaucoup plus compliquer de le mettre en pratique surtout pour tous les paysans qui vivent éloignés des grandes villes ou métropoles.

Côté pratique, quoi de neuf ? J'ai pour le moment trouvé une solution, que j'espère pérenne, à mes dégâts de gibier : une clôture électrique : trois fils à 10, 30 et 60 cms. Pour les blaireaux, je repère leur passage, mets en place un obstacle derrière le ruban électrique et verse quelques gouttes d'huiles d'essence naturelle sur ce dernier.

Par contre, rien encore en vue pour éviter la destruction des récoltes par la drosophile japonaise. J'ai exclus bien sûr tout traitement chimique (par ailleurs fort justement interdits en France mais autorisés dans bon nombre de pays qui ravitaillent le rayon petits fruits de nos magasins). J'ai même exclus tout traitement. J'avais tenté une pulvérisation au lait de chaux très dilué, mais la vue d'un atomiseur sur une parcelle de fruits mûrs a un effet dévastateur. Je m'oriente sur un piégeage très précoce afin de reculer la phase de développement exponentiel de l'insecte. Et surtout, il va falloir éviter  malheureusement de laisser tout fruit en sur-maturité dans le champ.


Pour le reste, retenez que comme chaque année

une visite guidée de la plantation et de la collection mondiale a lieu tous les mardis à 10h30 en juillet et en août,


et que la libre-cueillette sera ouverte dès début juillet pour les bluets, groseilles et groseilles à maquereau, (tel. Au 03.88.97.74.14. pour connaître la date exacte), en août pour les mûres et en septembre pour les framboises.

Bel et bon été


Jean Vogel



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