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BLUET des VOSGES

Création de l’Exploitation


Un long fleuve pas si tranquille que cela,


Différents essais en zone forestière ont été détruits par le gibier à quatre pattes ou victimes de vol par du gibier à deux pattes. Dès 1986, je me décide à concentrer mes efforts à l'achat de terrains à proximité de la maison familliale. Huit propriétaires, neuf ans de palabre pour remembrer un hectare et demi, le dernier propriétaire me vend le paysage pour justifier du prix,

Une fois la terre acquise, il me faut songer à planter. Afin de limiter l'usage de désherbants, je choisis d'avoir recours à une technique très rare à l'époque en plantant les arbustes à travers une toile hors-sol en plastique tricotée qui laisse passer l'air et l'eau. Des coups de vent très violents à l'automne emportent la toile déjà étendue sur les lignes de plantation. Plus d'un kilomètre de toile à démêler et à remettre en place.


Deux mille plants me sont livrés la veille de Noël. Le lendemain, tout le col est recouvert de plus de 30 cm de neige. Pendant deux semaines, mon ami Pierre écartera la neige à la pelle avant qu'à genou, je plante  du lever au coucher du soleil.


Tempête Lothar en décembre 1999. Mes terrains sont bordés à l'ouest par une parcelle d'épicéas de plus de 20 mètres de haut. Une centaine d'entre eux s'abat sur la clôture,

Année 2003, la sècheresse en plein milieu de la cueillette. Les fruits sous l'effet de la canicule se détachent avec le pédoncule et se transforment en raisins secs. Ils ne peuvent plus être vendus,


A partir de 2004, les dégats occasionnés par les oiseaux deviennent de plus en plus conséquents. Du moineau au corbeau, en passant par l'étourneau ou la grive, aucun ne manque à l'appel. Il faut me résigner à investir en 2006 dans des filets. Plus de 10,000 euros de dépense, mais surtout plus de 300 heures de travail non prévus et plus d'une centaine à prévoir chaque année pour la mise en place et le démontage à l'automne.


Printemps 2008, les bourgeons débourent anormalement tôt, suite à un mois de février particulièrement  chaud. Mi- mars, deux nuits durant les températures chutent de plus de 20 degrés pour atteindre et dépasser les -10°C. La production 2008 est détruite à 80%. Aucune assurance, ni aucune aide,


Des choix à effectuer,,, quand le prix du kilo importé est équivalent ici à la rémunération du cueilleur pour la même quantité.


Près de dix ans d'essais m'ont conduit à écarter bon nombre d'espèces. Le froid printannier rend ridicule la productivité des noisetiers. Les alisiers s'adaptent mal. Le calendrier cultural des plantes médicinales n'est pas compatible avec celui des petits fruits.

Je choisis de développer la culture de la myrtille d'origine canadienne qui vient d'être introduite dans le massif vosgien à la fin des années 1970. En suivant à la lettre le vieil adage qui veuille qu'on ne mette pas tous ses oeufs dans le même panier, la plantation est complètée par des groseillers, des mûres et des mûroises,

Côté stratégie, j'opte pour la facilité, c'est à dire la vente de fruits frais en gros. Les contacts avec les centrales d'achat me conduisent très rapidement à penser que je fais fausse route. Il en est de même avec les transformateurs.

Les premiers ne garantissent aucun prix, leur approche de la qualité se limite à l'aspect des fruits. Bref, il me faudrait une surface dix fois supérieure pour m'en sortir et m'endetter d'autant.

Les seconds m'aident à comprendre pourquoi 95% des petits fruits consommés en France sont importés le plus souvent d'Europe de l'Est. Le prix du kilo de fruit, congelé et standardisé, livré à Saâles via la Belgique, est équivalent au coût de la main d'oeuvre pour cueillir le même kilo dans ma plantation,

Le bon sens m'ammène à m'engager dans une stratégie proche de mes convictions de toujours basée sur la qualité, la transformation et la vente directe.


Bluets des Vosges ou le résultat de deux idées géniales et avant-gardistes.

Comme bien souvent, l'histoire de la myrtille canadienne dans le massif vosgien est liée à un homme, Michel Thouvenin, et à une association l'Association Vosgienne d'Economie Montagnarde.

En introduisant cette culture, les pionniers savent, que si la consommation de ce fruit se répend, ils seront rapidement concurrencés par des productions bas de gamme de type agro-industrielles, voir étrangères. Ils déposent donc la marque 'bluet des Vosges'. Le fruit doit être produit au sein de petites exploitations au coeur du massif vosgien. Les plants doivent être fertilisés au compost et exempts de tout traitement chimique. Fort du bon sens montagnard qui les anime, ils estiment que si le fruit se vend, les producteurs sauront trouver les bonnes techniques de culture. Ils décident alors de consacrer les quelques crédits obtenus pour la promotion du bluet des Vosges à la création de nouveaux produits à base de ce fruit,

C'est ainsi que de grands chefs de cuisine et des critiques gastronomiques plancheront pendant plusieurs journées à l'école hôtelière de Gérarmer et finiront par créer le bluet à l'aigre-doux, dont le massif vosgien détient l'exclusivité mondiale,


2009-2017 ©  Jean.Vogel