Les études tant en neurosciences qu'en santé cardiovasculaire tendent fortement à démontrer les propriétés fonctionnelles des bleuets au plan de la santé.

La famille du bleuet (Vaccinium dans le langage botanique) est depuis longtemps associée à la bonne santé. On trouve des notes d'usage médicinal datant de l'époque médiévale, mais la science derrière la découverte de ses propriétés est plus contemporaine. Les études effectuées en Europe dans les années 60 et 70 mettaient l'accent sur les bienfaits potentiels des bleuets sur les vaisseaux sanguins et sur la vision, mais au milieu des années 90, la recherche s'est réorientée vers les antioxydants qui suscitaient un grand engouement de la part du public.

Les scientifiques étaient intrigués par les effets et plus spécifiquement les effets antioxydants d'un groupe de composés phénoliques qui comprennent les flavonoïdes, et plus particulièrement par les anthocyanes colorés qui font partis de ce groupe.

Les anthocyanes sont des pigments qui se retrouvent dans plusieurs fruits et légumes tels que le raisin rouge, le chou rouge et l'oignon rouge, et qui sont particulièrement abondants dans les bleuets. Ils sont habituellement rouges, bleus ou mauves et sont la raison pour laquelle vous voulez éviter de renverser du vin rouge sur une chemise blanche.

Outre son caractère tachant, le bleuet offre un éventail étonnant de bienfaits pour la santé qu'il est utile de répertorier. Les recherches menées en laboratoire et sur les animaux ont démontré les propriétés anti-inflammatoires des bleuets, ainsi que leur aptitude à retarder l'apparition de déficiences cognitives et le déclin des fonctions motrices, à fournir une certaine protection contre la maladie de Parkinson, à aider à la récupération à la suite d'un accident ischémique cérébral, à réduire le taux de cholestérol et à prévenir le cancer du côlon.

La preuve biomédicale tend de plus en plus à démontrer les qualités bienfaisantes des bleuets, et les travaux des scientifiques du Centre de recherches de Kentville visent à étayer ces constatations. Ils ont apporté une contribution importante en élaborant des procédures permettant d'isoler les flavonoïdes propres aux bleuets afin de déterminer à quels composés sont attribuables les bienfaits pour la santé.

Grâce aux techniques de fractionnement qu'ils ont mises au point, les scientifiques ont aussi été en mesure de mieux définir la composition du fruit. De plus, ils continuent d'évaluer les effets des conditions de culture, de la manutention et des procédés de transformation sur les flavonoïdes bioactifs des bleuets.

Par ailleurs, l'équipe a développé un processus de fractionnement des flavonoïdes à plus grande échelle en vue de produire les quantités nécessaires pour mener des études sur l'alimentation des animaux. Les données recueillies dans le cadre de ces études permettent de mesurer de façon plus spécifique les effets physiologiques de ces composés, ce que les études en laboratoire (in vitro) faites à petite échelle ne permettaient pas.

Une étude clinique avec des humains en collaboration avec l'université Dalhousie de Halifax vient tout juste d'être complétée. L'accent était mis sur la vision nocturne afin de déterminer si les composés des bleuets avaient une incidence sur la vision nocturne des humains ayant une vision normale et dans quelle mesure. On procède actuellement à la tabulation des résultats avant leur publication.

L'équipe a aussi mené récemment une autre étude intéressante avec le Collège vétérinaire de l'Atlantique de Charlottetown (Ile-du-Prince-Édouard). Les chercheurs se sont penchés sur l'incidence des bleuets sur le taux de cholestérol. Selon leurs observations, le taux de cholestérol chez les porcs soumis à un régime à haute teneur en sucre et en gras diminuait lorsque des bleuets étaient ajoutés à leur alimentation comparativement à ceux qui recevaient la même diète mais sans bleuets.

Les effets étaient cependant plus notables lorsque les bleuets étaient ajoutés à un régime équilibré à base de plantes, ce qui porte à croire que les bienfaits des bleuets augmentent lorsqu'ils interagissent avec d'autres composés végétaux.

Même si les bleuets offrent des bienfaits indéniables, les chercheurs précisent néanmoins qu'ils ne peuvent agir seuls. Il peut être bon de manger beaucoup de bleuets, mais cela doit s'inscrire dans un régime équilibré, diversifié et riche en fruits et légumes.


L'incidence indéniable des bleuets sur la santé

Le bleuet pourrait bien remplacer la pomme pour conserver son homme. La recherche menée par les scientifiques tend de plus en plus à démontrer les nombreux bienfaits liés à la consommation quotidienne de bleuets, une riche source de composés nutritionnels.

Selon les chercheurs du Centre de recherches de l'Atlantique sur les aliments et l'horticulture d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) à Kentville en Nouvelle-Écosse qui s'intéressent depuis plusieurs années déjà aux qualités nutritives du bleuet, les qualités de ce fruit sont largement attribuables à sa couleur. Ces travaux ouvrent la voie à une nouvelle approche en matière de science alimentaire à AAC : l'étude des liens entre certains composés alimentaires spécifiques et la santé humaine. Le développement des connaissances dans ce domaine permettra aux producteurs de sélectionner des variétés appropriées, de trouver de nouveaux débouchés et d'adopter des stratégies de commercialisation axées sur la santé, tout en aidant les consommateurs à faire de meilleurs choix alimentaires.

Article paru sous le titre :

« Nouveautés en sciences d’Agriculture et Agroalimentaire Canada »

Référence : Agriculture et Agroalimentaire Canada (www4.agr.gc.ca)

Le bluet et la santé

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